Chinons Ensemble

Fred Deux : L’Arpenteur de l’Intériorité (1924-2015)

 En tant que partenaire du réseau eBay Partner Network, je perçois une commission sur les achats éligibles

5/5 - (1 vote)

Fred Deux naît dans le 15e arrondissement de Paris le 1er juillet 1924 au sein d’une famille ouvrière parmi les plus modestes. Son père, ouvrier aux usines Renault, et sa mère, d’origine italienne, concierge et commerçante sur les marchés, ne possèdent que peu de ressources. Le jeune Alfred Jean Lucien Deux grandit dans une cave aménagée, humide et régulièrement inondée par les crues de la Seine, espace à la fois refuge et prison. Avec sa grand-mère maternelle aveugle, il vit dans des conditions de promiscuité extrême, forgeant en lui une relation complexe à l’espace, au corps et à l’invisible.

Une jeunesse forgée par la précarité et la guerre

Sa mère souffre de tuberculose chronique depuis son enfance, maladie dont héritera Fred Deux lui-même. Son père connaît des problèmes d’alcool récurrents. Mais c’est la figure de son oncle paternel Édouard qui marque le plus profondément l’enfant. Cet oncle, décrit comme « magique et fou », incarne une forme de liberté radicale et de rébellion. En 1936, alors que Fred n’a que 12 ans, Édouard se suicide à l’âge de 27 ans après plusieurs tentatives. Fred Deux déclarera plus tard : « Sa présence était très possessive » et que ce « suicide m’a marqué à vie ». Ce trauma primal traversera l’intégralité de son œuvre, revenant obsessivement dans ses dessins et récits.

À 13 ans, le jeune garçon abandonne l’école pour entrer en usine, premier d’une série d’emplois précaires : fabrication de gélatine, cardage de coton, puis apprentissage comme électricien à l’usine Farman de Suresnes (1941-1943). Durant l’Occupation, son père est grièvement blessé lors du bombardement du camion qui l’emmenait vers une usine réquisitionnée. La famille reste pendant des mois sans nouvelles, le croyant mort. Il revient deux ans et demi plus tard, invalide et diminué.

Fred Deux: The Inner Cartographer at His Desk, Haunted by Memory

L’engagement dans la Résistance et l’armée

En 1943, contacté par un groupe de résistants FTP, Fred Deux rejoint les maquisards du Doubs. Cet engagement représente bien plus qu’une action politique : c’est une tentative d’échapper à l’usine, à la précarité, à cette cave souterraine qui l’a étouffé. À la Libération, incapable d’imaginer un retour en usine, il s’engage dans l’armée française au sein des goumiers marocains en 1944. Il participe aux combats dans les Vosges et en Alsace, expérience qui cristallise en lui une vision du chaos et de l’horreur. Surtout, il assiste à la libération des camps de concentration, découvrant l’abomination de la Shoah.

En 1948, estimant qu’il ne pouvait servir la politique coloniale d’après-guerre, il obtient d’être réformé. Après cinq années de vie clandestine et de combat, il sort de l’armée traumatisé, porteur d’une vision du monde où l’humain avait démontré toute sa capacité à l’horreur.

La révélation artistique à Marseille

Le tournant décisif intervient à Marseille à partir de 1948, quand il est embauché à la librairie Clary, établissement culturel situé rue Paradis près de la place Estrangin-Pastrée. Cet espace devient son véritable université. Travaillant entre les rayons, il se nourrit de littérature : il dévore les œuvres d’André Breton, les manifestes du surréalisme, découvre Louis Aragon, Henry Miller, Franz Kafka, mais aussi des penseurs comme Hermann von Keyserling.

Mais c’est la découverte de Paul Klee en 1949 grâce à un catalogue du MoMA qui change tout. Klee devient sa « référence absolue », artiste qui avait démontré qu’on pouvait faire des taches, et que ça veut dire quelque chose. Cette révélation est double : elle légitime l’intention créatrice comme acte de vie, et elle propose une poétique du fragmentaire, du non-fini, de l’organique.

À la librairie Clary, Fred fonde un sous-groupe surréaliste avec d’autres jeunes lecteurs passionnés. C’est aussi à Marseille qu’il épouse l’une des sœurs Clary, dont il aura deux filles nées en 1949 et 1950, avant de divorcer rapidement.

La naissance du dessinateur : les Kleepathologies

Entre 1948 et 1951, Fred Deux commence à peindre des taches à la peinture laque pour bicyclette, créant ce qu’il nomme ses « kleepathologies » (néologisme fusionnant Klee et pathologie). Ces travaux, réalisés entre 1952 et 1954, conquièrent le groupe surréaliste parisien. Ils sont exposés en 1953 à la Librairie-Galerie Le Fanal à Paris.

Les kleepathologies ne sont pas des illustrations de Klee ; c’est une forme d’hommage psychique. Les taches, coulures et diluitions de couleur créent des formes organiques, semi-figuratives, qui semblent naître spontanément du support. Pour Fred, le dessin était à ce stade une activité presque honteuse, une exploration du refoulé intérieur. Ces taches contiennent des figures émergeantes : têtes difformes, ventres, sexes, mondes tentaculaires qu’il faut apprendre à voir.

L’engagement surréaliste et la distance critique

En 1951, Fred entre dans le groupe surréaliste parisien, rencontrant André Breton, Hans Bellmer et d’autres figures majeures du mouvement. L’expérience surréaliste le passionne, lui offrant une communauté d’intention. Mais dès 1954, il quitte le groupe, refusant le dogmatisme du mouvement, les jeux de pouvoir, la subordination à Breton. Il reste un grand admirateur de Max Ernst et Brauner, mais demeure dans les marges du surréalisme, le transformant selon sa propre logique.

1951 : La rencontre décisive avec Cécile Reims

Le grand tournant survient en 1951 quand il rencontre Cécile Reims, graveuse et artiste confirmée qui sort de son apprentissage chez Joseph Hecht. Contrairement à de nombreuses rencontres amoureuses d’artistes, celle-ci produit une fusion créative véritablement égalitaire. Cécile et Fred décident de faire de l’art le fondement de leur existence commune.

Peu après, tous deux atteints de tuberculose chronique, ils quittent Paris pour la montagne. Ils s’installent d’abord à Corcelles, puis à Lacoux en Ain, proche du plateau sanatorial d’Hauteville. Pendant près de 30 ans, ils vivent retirés, loin des mondanités de l’art contemporain, créant dans une intimité quasi monastique. À partir de 1972, Cécile commence à graver en cuivre une série importante des dessins de Fred, permettant une diffusion plus large et donnant naissance à l’un des plus beaux dialogues artistiques du XXe siècle français.

Fred Deux: A Timeline of an Interior Cartographer (1924-2015)

L’œuvre en trois matrices : dessin, écriture, parole

L’œuvre de Fred Deux s’organise autour de trois modes d’expression inséparables, jamais hiérarchisés :

le dessin : anatomie fantasmée et vision microscopique

Après les kleepathologies, l’évolution de son dessin devient de plus en plus précis, obsessionnel. Il peuple ses feuilles de figures fantasmagoriques, d’êtres organiques, de structures arachnéennes d’une minutie extrême. Dans plusieurs séries majeures, il explore des univers anatomiques mutants :

  • Otages : figures figées, emprisonnées dans des architectures rigides

  • Spermes noirs et Spermes colorés : exploration crue de la sexualité, de la fécondité, des fluides

  • Autoportraits : à partir de 1981, il crée des autoportraits monumentaux où son propre visage devient terrain d’exploration, reflet d’une conscience obsédée par sa propre existence

Dans ses dessins, les têtes, ventres et sexes s’imbriquent et donnent naissance à des monstres. Les formes répètent des patterns : petits carrés serrés les uns contre les autres, des « huit » écrasés comme des divisions cellulaires, formant comme les mailles d’un filet qui enferme et contient.

La représentation du nid, du creux, du cocon, du ventre, de la matrice est récurrente. Ces dessins ne se laissent pas décoder, dissquer. Ils restent toujours un mystère vibrant et inquiétant.

L’écriture : La Gana et l’autobiographie onirique

Fred Deux découvre qu’il est aussi écrivain. Travaillant à la librairie Clary, il avait trouvé le livre de Hermann von Keyserling, Méditations sud-américaines, sous-titré La Gana, terme espagnol signifiant « envie ». Ce titre devient la matière de son premier roman.

Entre 1957 et 1958, il écrit pendant plus d’un an à la machine à écrire, composant ce qui deviendra La Gana, roman autobiographique surréaliste. Il le soumet à Maurice Nadeau, éditeur visionnaire. Nadeau le publie aux éditions Julliard en 1958.

La Gana reçoit le Prix de Mai en 1958, premio fondé par Alain Robbe-Grillet et soutenu par Roland Barthes, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Louis-René des Forêts, Nathalie Sarraute. Le jury reconnaît l’originalité absolue de cette voix nouvelle.

Pour protéger la séparation entre sa pratique graphique et son œuvre littéraire, Fred publie sous le pseudonyme Jean Douassot. Le roman raconte l’enfance d’Alfred dans la cave de Paris, reconstituée comme épopée mythologique. Ses parents, oncle, grand-mère deviennent des figures archétypales, ses traumas enfantins se transforment en poésie brute. Maurice Nadeau signe les éditions ultérieures du roman.

La Gana ouvre une période d’activité littéraire. En 1978, il publie Gris, recueil de textes écits en marge des dessins. Plus tard, en 1997, il compose La chair du Double, autobiographie intérieure documentant sa vision des artistes qui l’influencent.

La parole : Une vie parlée, autobiographie sonore monumentale

À partir de 1963 et jusqu’en 1994, Fred Deux entreprend un projet de longueur extraordinaire : il enregistre sa propre vie de manière continue, brute, obsessionnelle. Assis face à un magnétophone, il laisse sa conscience parler, se raconter, divaguer, ressasser. Le résultat : 200 heures d’enregistrement sur environ 105 à 131 cassettes audio.

Cette « Une vie parlée » n’est ni confession, ni thérapie au sens strict. C’est une exploration du temps, de la mémoire, du ressassement, où passé et présent s’entrelacent continuellement. Fred revient obsessivement à son enfance à la cave, à son oncle suicide, à la tuberculose, à ses amours, à ses images. C’est une œuvre sonore d’une ampleur et d’une intimité rares, conservée en archives à l’IMEC.

1977 onwards : Les livres uniques et l’intégration des modes

À partir de 1977, Fred Deux amorce une transformation majeure : il crée des « livres uniques » où le dessin et le texte cohabitent sur la même page. Chaque livre devient une totalité créative, où la ligne graphique et la ligne écrite se répondent, se contestent, se complètent.

Ces livres uniques, produits en nombre limité, deviennent sa forme de création privilégiée durant ses trois dernières décennies. Ils cristallisent la quête de fusion entre les trois modes d’expression : le tracé, le mot, la présence physique de la main.

Une vision radicale du vivant

Ce qui caractérise l’œuvre entière de Fred Deux, c’est une interrogation obsessionnelle du vivant : ses débordements, ses multiplicités, ses transformations. Pierre Wat, conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts de Lyon, la qualifie comme une « exploration de l’énigme de sa propre existence singulière et inquiète ».

Fred se situait entre les recherches existentielles de Giacometti et Baselitz, artistes qui avaient également déclaré leur admiration envers lui. Comme Giacometti, Fred cherchait à « captation de la vie qui se dérobe », à figurer la présence face au vide. Mais il le faisait sans la stylisation formelle de Giacometti : son univers graphique demeure protéiforme, végétal, animal, organique.

Pour Fred, l’art n’était pas un acte souverain et délibéré, mais une « quête douloureuse et nécessaire », un travail conjuratoire, souterrain, limbique. Il y avait une shame du dessin, une culpabilité face à l’expression. Et pourtant, il ne cessait de créer, d’exprimer, de faire sortir le trop-plein d’un « dedans » en souffrance, en suspens, en attente.

1985-2015 : L’installation à La Châtre et le refuge créatif

En 1985, avec Cécile, il s’installe définitivement à La Châtre, petite ville de l’Indre liée à George Sand. Cet isolement volontaire ne ralentit en rien sa production. Au contraire, l’approche de la vieillesse lui offre une urgence créatrice renouvelée. Il continue de produire des dessins monumentaux des années 1980, des livres uniques, des enregistrements.

Entre 1980 et 2015, il numérote ses dessins selon le système de Klee : environ 6 220 dessins numérotés, chacun daté, chacun traçant une cartographie personnelle de plus en plus introspective. Ce chiffre prodigieux n’est pas une accumulation mécanique : chaque dessin représente une station sur le chemin d’une exploration inépuisable.

Exposition et reconnaissance tardive

La reconnaissance institutionnelle arrive tardivement mais avec force.

  • 1972 : Exposition « Paysages, clous et cauchemars » au CNAC à Paris

  • 1995 : Rétrospective au Musée de Bochum, Allemagne

  • 1997 : Rétrospective « Fred Deux, la réalité imaginaire » au Musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun

  • 2004 : Exposition majeure « Fred Deux, L’alter ego » au Centre Pompidou, Cabinet d’art graphique

  • 2017-2018 : Rétrospective « Le monde de Fred Deux » au Musée des Beaux-Arts de Lyon, jusqu’au 8 janvier 2018, commissariat de Sylvie Ramond et Pierre Wat

Le Musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun, où Cécile Reims et Fred Deux ont une salle permanente depuis 1995, conserve des collections majeures. En 2002, le musée consacre une exposition « Dessins-peintures, livres uniques et recueils d’aquarelles ». Le Musée des Beaux-Arts de Lyon reçoit des donations importantes enrichissant ses collections d’art graphique.

Ses archives (manuscrits, cassettes audio) sont conservées à l’IMEC.

Les dernières années et la mort

À partir de 2012, affaibli par la maladie et l’âge, Fred cesse progressivement de créer. Il meurt le 9 septembre 2015 à La Châtre, après 91 ans d’existence marquée par l’exploration inépuisable du vivant. Une exposition posthume, « Retour sur l’abîme. L’art à l’épreuve du génocide », s’ouvre au Musée du 19 octobre 2015 au 11 janvier 2016, faisant la jonction entre sa vie, l’expérience de l’Holocauste, et l’acte créatif comme résistance.

Conclusion : Un créateur sine qua non

Fred Deux incarnait un type d’artiste devenu rarissime : le créateur qui refuse de se spécialiser, qui traverse tous les médiums avec la même quête obsessionnelle, qui subordine tout à une exploration existentielle brute. Il n’y a pas de distinction réelle entre sa vie et son œuvre. Chaque dessin est une trace de sa conscience. Chaque enregistrement un fragment de sa mémoire. Chaque livre une tentative de réconciliation entre le fragmentaire et le totalisant.

Comme il l’a dit lui-même, il passait toute sa vie à « passer à travers le mur de la cave pour accéder à la vie qui appelle et qui brûle ». Cette cave de son enfance n’a jamais quitté son imaginaire. Il l’a transformée en « matrice féconde », source inépuisable de créations.

Son œuvre demeure une cartographie du vivant, une exploration sans compromis de l’humain dans ses dimensions les plus fragiles et les plus merveilleuses. Elle continue d’influencer les artistes contemporains qui, comme lui, cherchent une voie en dehors des institutions, fidèles à une vision intérieure inaliénable.

Foire Aux Questions (FAQ)

Pourquoi Fred Deux utilisait-il le pseudonyme de Jean Douassot ?

Il a adopté ce pseudonyme pour la publication de La Gana. Son éditeur Julliard et Fred lui-même souhaitaient éviter toute confusion entre son travail graphique (peinture, dessin) et son activité d’écrivain. Le pseudonyme marquait une séparation nette entre ces deux formes de création, bien qu’intérieurement elles fussent indissociables.

Quelle est l’influence majeure de son œuvre graphique ?

Paul Klee est sa référence absolue. Fred Deux a découvert Klee en 1949 grâce à un catalogue du MoMA, révélation qui lui permit de légitimer son acte créatif. Il a également numéroté ses quelques 6 220 dessins à la manière de l’artiste suisse. Ses recherches existentielles le situent aussi entre Giacometti et Baselitz, avec lesquels il partage une quête de captation de la vie face au vide.

Qu’est-ce que « Une vie parlée » ?

Il s’agit d’une œuvre sonore monumentale d’environ 200 heures d’enregistrement sur 105 à 131 cassettes audio, enregistrée entre 1963 et 1994. Fred Deux, assis face à un magnétophone, raconte sa vie de manière brute et ininterrompue, divaguant, ressassant, explorant les strates de sa mémoire. C’est une « autobiographie parlée », une pièce majeure de son travail au même titre que ses dessins ou ses livres.

Où peut-on voir ses œuvres aujourd’hui ?

Collections majeures conservées dans :

  • Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun (salle permanente depuis 1995 avec Cécile Reims)

  • Centre Pompidou, Paris

  • Musée des Beaux-Arts de Lyon (donations importantes)

  • Archives IMEC (manuscrits et cassettes audio)

Expositions régulières à la Galerie Alain Margaron à Paris.

Quel lien entretenait-il avec la maladie ?

Fred Deux était atteint de tuberculose depuis sa jeunesse, maladie héritée de sa mère. Pour lui, l’art était une forme de thérapie vitale : il déclarait avoir utilisé l’écriture et la peinture pour se « soigner » de ses traumatismes nerveux et physiques. La création était un acte de résistance contre la maladie, une manière d’affirmer la vie face à la destruction corporelle.

Quand a commencé sa collaboration avec Cécile Reims ?

Ils se rencontrent en 1951. À partir de 1972, Cécile commence à graver les dessins de Fred en cuivre, ce qui permet une diffusion plus large de son travail. Cette collaboration durera plus de 40 ans, l’un des plus beaux dialogues entre deux artistes du XXe siècle.

Quel prix littéraire a reçu La Gana ?

La Gana a reçu le Prix de Mai en 1958. Le Prix de Mai, créé par Alain Robbe-Grillet, était soutenu par un jury composé de Roland Barthes, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Maurice Nadeau, Louis-René des Forêts, Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet.

À quel moment Fred Deux a-t-il commencé ses « livres uniques » ?

À partir de 1977, Fred Deux amorce cette création hybride où le dessin et le texte cohabitent sur la même page. Ces livres uniques deviennent sa forme privilégiée de création jusqu’à sa mort, cristallisant son idée que dessin et écriture sont inséparables.

Combien de dessins a-t-il créés ?

Fred Deux a numéroté approximativement 6 220 dessins au cours de sa vie, chacun daté et catalogué à la manière de Paul Klee.

Comment s’appelait la librairie où il a découvert la littérature ?

La librairie Clary à Marseille, située rue Paradis près de la place Estrangin-Pastrée. C’est dans ce lieu qu’il a découvert André Breton, Paul Klee, et les grandes œuvres littéraires qui allaient transformer sa vie.

Quand s’est-il engagé dans la Résistance ?

En 1943, il rejoint les maquisards FTP du Doubs. À la Libération, il s’engage dans l’armée française au sein des goumiers marocains en 1944, participant aux combats dans les Vosges et en Alsace, et assistantà la libération des camps de concentration.

Quels étaient les thèmes majeurs de ses séries de dessins ?

Parmi ses séries majeures figurent : Otages (figures emprisonnées), Spermes noirs et Spermes colorés (exploration de la sexualité), Autoportraits (à partir de 1981, exploration de sa propre conscience). Toutes ces séries explorent le corps, la transformation, la sexualité, la matrice, le cocon, des univers organiques et microscopiques.

À quel moment Fred Deux a-t-il quitté le groupe surréaliste ?

Il a quitté le groupe en 1954, refusant le dogmatisme du mouvement et la subordination à André Breton. Bien qu’il ait admiré les surréalistes comme Max Ernst et Victor Brauner, il suivait sa propre voie, transformant le surréalisme selon sa logique personnelle.

Quelle exposition posthume a marqué la reconnaissance finale de Fred Deux ?

L’exposition « Retour sur l’abîme. L’art à l’épreuve du génocide », tenue du 19 octobre 2015 au 11 janvier 2016, peu après sa mort, fit la jonction entre sa vie traumatisée par l’histoire et son acte créatif comme forme de résistance et de reconstruction.

Picture of 🫵 Et si la prochaine trouvaille mise en avant, c'était la vôtre ? 🎉

🫵 Et si la prochaine trouvaille mise en avant, c'était la vôtre ? 🎉

Vous aussi, vous avez chiné un objet unique, chargé d’histoire ou simplement coup de cœur ?
Partagez-le avec notre communauté ! 📸✨ Pour seulement 20 €, on vous crée un bel article personnalisé, publié sur Chinons Ensemble, avec vos photos et votre récit.

cards
Optimisé par paypal
Picture of Guillaume

Guillaume

Passionné de brocante et chineur à mon temps perdu, j’ai créé Chinons Ensemble pour partager mes découvertes, astuces et bons plans. Que vous soyez amateur de vide-greniers, collectionneur ou simple curieux, rejoignez-moi dans cette aventure à la recherche de trésors cachés ! 🚀

Article CHINONS ENSEMBLE -qrcode
BRIGITTE TERZIEV
Brigitte Terziev : Focus sur ses œuvres monumentales !
Identité et héritage Brigitte Terziev, née le 14 novembre 1943 à Paris, est une sculptrice française...
fred deux
Fred Deux : L'Arpenteur de l'Intériorité (1924-2015)
Fred Deux naît dans le 15e arrondissement de Paris le 1er juillet 1924 au sein d’une famille ouvrière...
cécile reims
Cécile Reims - Tout sur la graveuse d'exception
Cécile Reims incarne le parcours d’une femme dont la vie fut marquée par les tragédies du XXe siècle,...
PEINTRES POST MORTEM
Ces grands artistes devenus célèbres après leur mort
Imaginez peindre deux mille toiles dans l’isolement presque total et ne vendre qu’une seule...
obalk
Hector Obalk : Le Génie qui rend la peinture vivante
Qui n’a jamais ressenti ce malaise en entrant dans un musée ? Ces salles éclairées avec indifférence,...
Facebook
Twitter
Email
Reddit
LinkedIn
WhatsApp
Retour en haut