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Cécile Reims – Tout sur la graveuse d’exception

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Cécile Reims incarne le parcours d’une femme dont la vie fut marquée par les tragédies du XXe siècle, transformées en force créatrice inextinguible. Née Tsila Remz le 19 octobre 1927 à Paris d’une famille lituanienne, elle hérite d’une mémoire blessée mais d’une volonté d’expression sans égale.

Table of Contents

Un Destin Forgé par l’Histoire

Orpheline de mère, la jeune Tsila est élevée par ses grands-parents maternels dans le village de Kibartai en Lituanie, au sein d’une famille juive traditionelle. En 1933, à l’âge de six ans, elle quitte la Lituanie pour rejoindre la France, ignorant que cette séparation deviendra définitive. La Shoah et le génocide anéantiront la majorité de sa famille restée sur place.

La rafle du Vel d’Hiv disperse et détruit les espoirs de la famille Reims en France. Devant cette catastrophe, la jeune femme choisit l’action : elle s’engage en tant que résistante dans l’Organisation juive de combat en 1943, risquant sa vie pour combattre l’oppression. Après la Libération, apprenant que son oncle a été gazé dès son arrivée à Auschwitz et que sa famille restée en Lituanie a été massacrée, son engagement se radicalise. En 1946, elle s’engage dans l’armée clandestine juive et gagne la Palestine, aspirant à la reconstruction d’une communauté. Cependant, une grave atteinte à la tuberculose la contraint à un retour précipité en France pour y être soignée.

De cette souffrance physique et morale émergera l’artiste. C’est à Paris, durant sa convalescence, qu’elle rencontre Joseph Hecht (1891-1951), le grand graveur polonais. Elle devient son élève assidue, trouvant dans la pratique de la gravure au burin une ascèse et un mode d’expression capable de transmuter la douleur en beauté.

L’Initiation à la Gravure : Joseph Hecht et l’Apprentissage du Burin

Joseph Hecht, maître incontesté de la gravure, offre à Cécile Reims bien plus qu’une technique : il transmet une philosophie artistique. Hecht, fondateur et collaborateur de l’Atelier 17 avec Stanley William Hayter — studio légendaire qui inspira Picasso, Chagall et Giacometti — a établi les normes de la gravure moderne. Arrivé à Paris en 1920 après avoir travaillé en Norvège, Hecht s’était imposé comme l’une des plus grandes figures du mouvement artistique contemporain, participant aux Salons d’Automne et d’Indépendants, gagnant deux médailles d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1937.

Sous la direction de Hecht, Cécile Reims maîtrise les subtilités du burin, apprentissage qui s’intensifie après la mort du maître en 1951. Dès 1950, elle commence à publier ses premières œuvres, notamment le recueil Psaumes, suivi en 1951 de la série Visages d’Espagne. Ces travaux initiaux révèlent déjà une personnalité artistique distincte, une sensibilité mêlée de réalisme et de mélancolie.

1951 : La Rencontre Décisive avec Fred Deux

Le tournant majeur de la vie de Cécile Reims intervient en 1951, avec la rencontre de Fred Deux, peintre et dessinateur issu d’un milieu ouvrier, autodidacte qui s’était initié au dessin après la découverte de l’œuvre de Paul Klee. Fred Deux (1924-2015) incarne une forme de poésie visuelle brute, instinctive, en opposition apparente avec la rigueur technique de Cécile.

Pourtant, cette rencontre produit une fusion remarquable. Fred et Cécile décident de faire de l’art le fondement de leur route commune. Dès cette époque, ils commencent à partager un univers artistique personnel, où la création devient inséparable de l’existence quotidienne. En 1956, la fragilité de leur santé pulmonaire — tous deux souffrant de tuberculose chronique — les incite à quitter Paris et s’installer dans une ancienne ferme isolée dans la montagne. D’abord à Corcelles, puis à Lacoux (Ain), à proximité du plateau sanatorial d’Hauteville, ils créent un refuge où l’art devient thérapie et transcendance.

L’Œuvre Personnelle de Cécile Reims : Entre Rêve et Réalité

Contrairement à une vision réductrice qui ferait de Cécile Reims uniquement une graveuse d’interprétation, son œuvre personnelle constitue une contribution majeure à l’art du XXe siècle. Dans les années 1950 et 1960, Cécile produit une soixantaine d’œuvres originales avant sa grande collaboration avec Hans Bellmer.

Son univers artistique se caractérise par une vision anthropomorphique du monde, où la condition humaine se confond organiquement avec celle de l’animal et de la nature minérale. Dans cette mélée poétique, Cécile explore la fusion des règnes :

  • Les Métamorphoses : Suite inspirée par Ovide, où les transformations de la mythologie antique deviennent prétexte à explorer les métamorphoses de l’âme et du corps

  • Cosmogonies : Ensemble de huit gravures accompagnées de textes de Claude Louis-Combet, interrogeant les origines et la création

  • Bestiai : Série où l’animal devient archétype, miroir de l’humanité

Ces œuvres reflètent un style mi-onirique, mi-réaliste imprégné de mélancolie. La technique du burin permet à Cécile de créer des graduations subtiles de lumière et d’ombre, conférant à ses visions un poids ontologique, une présence charnelle malgré leur charge symbolique.

1966-1975 : La Collaboration Magistrale avec Hans Bellmer

En 1966, Cécile Reims rencontre Hans Bellmer (1902-1975), le grand dessinateur surréaliste. Bellmer, artiste allemand réfugié en France, avait déjà gagné une réputation légendaire pour son univers érotique obsessionnel peuplé de fantasmes basés sur la figure de la Poupée désarticulée — une sculpture permettant des positions infinies, métaphore du désir et de la métamorphose infinie.

Bellmer cherchait une main pour interpréter ses dessins en gravure. Il trouve en Cécile Reims non seulement la technicienne, mais la poétesse capable de comprendre la radicalité de sa vision. De 1967 à 1975, Cécile grave au burin et à la pointe sèche près de 250 dessins de Bellmer, nombre à la limite du mille pour certaines estimations (deux cents à trois cents selon les sources).

Cette collaboration extraordinaire crée un dialogue d’une fidélité absolue. Cécile se décrit comme un « passeur » s’effaçant derrière l’œuvre pour en restituer l’intensité émotionnelle. Elle ne copie pas simplement les lignes de Bellmer sur le métal ; elle en recréé la voix et l’émotion dans une autre langue : celle du cuivre et de l’acide. C’est une traduction poétique plutôt qu’une reproduction mécanique.

Bellmer cherchait à « dérègler le regard et l’anatomie », à créer des « transformismes » et des « chimères aberrantes » explorant le fétichisme et le sadomasochisme. Les gravures de Cécile restituent cette radicalité tout en la transcendant. Chaque trait, chaque ombre, chaque blanc sur le papier devient porteur du désir belmérien, transmis à travers l’ascèse technique de la graveuse.

À la mort de Bellmer en février 1975, cette collaboration perd son partenaire privilégié. Cécile, loin d’être désœuvrée, se tourne vers un nouveau champ d’exploration : l’interprétation des dessins de son compagnon Fred Deux, et également ceux de la peintre surréaliste Léonor Fini.

La Techniqué Hors Pair : Une Gravure du Toucher

Ce qui distingue Cécile Reims parmi tous les graveurs de son époque, c’est une maîtrise technique jugée exceptionnelle par les experts. Mais cette exceptionnalité repose sur un paradoxe fascinant : elle ne possédait pas de presse dans son atelier.

Cécile Reims lisait le cuivre « plus au doigt qu’à l’œil ». Guidée par le toucher, elle parcourait la surface gravée, sentant les incisions, mesurer la profondeur, évaluant le potentiel de chaque ligne. Cette approche tactile, quasi charnelle, du burin, la rapproche d’une certaine conception orientale de l’art, où le corps et l’instrument ne font qu’un.

Pour les tirages, elle faisait réaliser tous ses travaux aux Ateliers Moret en sa présence, célèbre atelier d’impression taille-douce situé 8, rue Saint Victor à Paris, actif depuis 1947. Elle privilégiait l’usage du brunissoir — outil permettant de polir et d’arrondir les arêtes — pour obtenir une incision nette, sans barbe, sans ces petites aspérités qui affaiblissent le rendu final.

Cette maîtrise technique transcendait la simple compétence mécanique : c’était une méditation corporelle, une conversation silencieuse entre la main et le métal, entre l’intention et la matière.

1985-2020 : L’Installation à La Châtre et la Reconnaissance Tardive

En 1985, Fred Deux et Cécile Reims décident de quitter l’Ain pour s’installer définitivement à La Châtre, petite ville de l’Indre célèbre pour son association à George Sand. Cet isolement relatif n’affaiblit en rien leur créativité. À partir de 1972, Cécile grave régulièrement les dessins de son compagnon, alternant ses propres travaux avec les œuvres d’interprétation. Entre 1985 et le début des années 2010, elle continue ce ballet créatif, maintenant une production régulière malgré l’avancement de l’âge.

En 2004, la Bibliothèque Nationale de France lui consacre une rétrospective majeure, reconnaissant publiquement son importance dans l’histoire de la gravure française.

En 2011-2012, elle expose au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris et au Musée Jenisch à Vevey en Suisse, faisant découvrir sa carrière au public international. Ces expositions accompagnent la publication du catalogue raisonné de son œuvre gravée, document fundamental établissant le corpus complet de plus de 500 estampes créées entre 1945 et 2012.

En 2013, reconnaissance suprême en France, Cécile Reims est décorée de la Légion d’honneur pour 63 années de services culturels. Cette distinction reconnaît enfin l’ampleur d’une vie consacrée à la transmission et à la création.

Le Don Historique à la Chalcographie du Louvre

En décembre 2003, à l’approche de la fin de sa vie créative active, Cécile Reims pose un geste de générosité patrimoniale d’une rare magnificence. Elle fait don de 108 à 118 cuivres gravés à la Chalcographie du Louvre, cet atelier prestigieux fondé en 1797, conservant plus de 13 000 plaques gravées. Cette donation garantit que ses œuvres resteront accessibles à tous les générations futures, tirées régulièrement et vendues à prix abordable par la Boutique du Louvre.

Grâce à ce don, les estampes de Cécile Reims continuent de circuler, pas comme des objets rares et précieux destinés aux collecteurs, mais comme des œuvres vivantes, respirantes, destinées à être contemplées par le plus grand nombre.

L’Œuvre Littéraire : Poésie et Prose

Parallèlement à son œuvre gravée, Cécile Reims cultive l’écriture comme forme de création à part entière. Ses livres révèlent une pensée profonde sur la vie, l’art, la mémoire et la condition humaine.

L’Épure (1963, rééd. André Dimanche, 2000) constitue une autobiographie fragmentaire où elle raconte son enfance en Lituanie, son retour en France, la perte de sa famille dans la Shoah, et sa découverte de l’art. Le titre évoque la ligne épurée, l’essence dénudée — similaire à ce que représente le burin dans son art.

Bagages perdus (2018, édition Le Temps qu’il Fait) revient sur les valises de l’exil, les objets perdus, les vies interrompues. Le titre résonne avec l’expérience de millions de réfugiés et de déportés, transformant le personnel en universel.

Peut-être (2010) offre une méditation profonde sur le thème de la vieillesse, moment où la vie se recapitule et où les questions essentielles émergent.

L’Embouchure du temps (2017, 176 pages, édition Le Temps qu’il Fait) paraît à l’approche du crépuscule de sa vie. Cécile revient sur sa vie entière consacrée à l’art, offrant un testament littéraire d’une rare profondeur, mêlant réflexion philosophique et souvenirs intimes.

Des livres à lire sans détour.

Le Documentaire de Matthieu Chatellier : « Voir Ce Que Devient l’Ombre » (2010)

En 2010, le cinéaste Matthieu Chatellier réalise un documentaire magistral intitulé « Voir ce que devient l’ombre », sélectionné au Festival de Montréal. Durant plusieurs mois, Chatellier filme Fred Deux et Cécile Reims dans l’intimité de leur travail, capturant les gestes, les silences, les rituels quotidiens du couple d’artistes dans la vieillesse.

Le film ne prétend pas être une biographie exhaustive ; il s’inscrit au contraire dans « le moment précis d’une vie », celui de la maturité créative, quand les gestes se ralentissent mais deviennent plus essentiels. Comme l’indique le titre, c’est une exploration de ce qui persiste quand la lumière s’amenuise : l’ombre de la création, son spectre poétique.

Chatellier filme avec la tendresse d’un ami en visite, créant un documentaire intime qui révèle l’écologie créative du couple, leur dialogue silencieux, la manière dont chacun nourrit l’autre.

Les Collaborations Secondaires : Léonor Fini et les Autres

Au-delà de Bellmer et Fred Deux, Cécile Reims grave les dessins d’autres artistes majeurs du surréalisme.

Léonor Fini (1908-1996), peintre et dessinatrice surréaliste italienne, trouve en Cécile une interprète capable de restituer la sensualité et la fantaisie baroque de son univers graphique. Fini, comme Bellmer, cherchait à explorer les frontières du désir, de la féminité et de la monstruosité. Cécile retranscrit cette singularité.

Les gravures d’interprétation de Cécile Reims constituent ainsi un dialogue avec le surréalisme radical, avec des visions radicalement différentes de la figuration, toutes unies par une volonté de dérègler les normes de la représentation et d’accéder à des vérités psychiques profondes.

Musées et Collections Majeures

L’œuvre de Cécile Reims demeure accessible dans les institutions prestigieuses suivantes :

  • Musée du Louvre – Chalcographie (Paris) : Collections des plaques originales et tirages courants

  • Bibliothèque Nationale de France (Paris) : Fonds de gravures et documents d’archives

  • Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ, Paris) : Gravures majeures

  • Musée de l’Hospice Saint-Roch (Issoudun, Indre) : Collections régionales

  • Musée Jenisch (Vevey, Suisse) : Ensemble important de gravures

  • Galerie Alain Margaron (Paris) : Expositions et ventes

L’Héritage et la Fin

À partir de 2012, Cécile Reims, affaiblie par l’âge, abandonne progressivement la gravure. Elle décède le 18 juillet 2020 à La Châtre, à l’âge de 92 ans, laissant derrière elle un corps d’œuvre considérable : plus de 500 estampes créées sur plus de soixante-dix ans, marquées par une quête incessante de perfection technique et de profondeur émotionnelle.

Une Vie Ascétique au Service de l’Art

Cécile Reims incarne un type d’artiste en voie de disparition : celui qui ne cherche pas la célébrité médiatique, qui ne théorise pas son art en grand appareil critique, mais qui le vit comme une ascèse quotidienne, une conversation silencieuse entre la conscience et la matière.

Sa vie est traversée par les grandes tragédies du XXe siècle — la Shoah, l’exil, la maladie — mais elle refuse que ces traumatismes la définissent. Au lieu de cela, elle les transmute en force créatrice. Chaque coup de burin est un acte de résistance poétique, une affirmation que la beauté persiste quand tout incite au désespoir.

Comme un traducteur de poésie d’une fidélité absolue, Cécile Reims a passé sa vie à écouter les voix des autres artistes — Bellmer, Fred Deux, Fini — pour en recréer l’essence dans une autre langue. Mais ce faisant, elle a laissé sa propre voix résonner, inextinguible et singulière, capable de toucher ceux qui prennent le temps de regarder vraiment.

Son œuvre demeure une méditation sur l’amour, la perte, la transformation et la permanence. Elle nous rappelle que le vrai luxe n’est pas la reconnaissance immédiate, mais l’accomplissement d’une vie entière au service de ce qu’on aime. En cela, Cécile Reims demeure une maître incontestée de la gravure, mais aussi une sage dont les enseignements visuels continueront de résonner aussi longtemps que le cuivre gardera mémoire des hommes et femmes qui ont aimé passionnément l’art.

Foire Aux Questions (FAQ) – Complément à l’Article

Quel était le véritable nom de Cécile Reims ?

Cécile Reims est née sous le nom de Tsila Remz le 19 octobre 1927 à Paris, d’origine lituanienne. « Reims » est l’adoption française du patronyme lituanien Remz.

Quelle a été sa contribution à la Seconde Guerre mondiale ?

Elle a été une résistante active, s’engageant dans l’Organisation juive de combat en 1943, risquant sa vie pour combattre l’occupation nazie. Après la Libération, elle s’engage en 1946 dans l’armée clandestine juive et gagne la Palestine, cherchant à contribuer à la reconstruction communautaire, avant d’être forcée de revenir en France en raison d’une tuberculose.

Qui était son compagnon et comment ont-ils collaboré ?

Son compagnon était l’artiste Fred Deux (1924-2015), rencontré en 1951. Ils ont mené une vie de création commune, Cécile réalisant des gravures à partir des dessins de Fred à partir de 1972, tout en développant conjointement un univers artistique personnel. Leur union a duré environ 64 ans, unissant deux visions créatives distinctes.

Pourquoi est-elle célèbre dans le milieu de la gravure ?

Cécile Reims est renommée pour sa maîtrise exceptionnelle du burin — technique particulièrement difficile — et pour son rôle de « passeur » dans la gravure d’interprétation. Elle a gravé environ 250 dessins de Hans Bellmer (1967-1975), des gravures d’Aléonor Fini, et des centaines de dessins de son époux. Mais au-delà des chiffres, sa reconnaissance repose sur la qualité de sa restitution émotionnelle des œuvres d’autrui, jamais servile, toujours créative.

Quels types de sujets traitait-elle dans ses œuvres personnelles ?

Son œuvre personnelle (1950-1972) reflète une vision anthropomorphique où l’humain se confond avec l’animal et la nature minérale. Elle explore les métamorphoses mythologiques, les cosmogonies (origines du monde), les bestiai (animaux comme archétypes). Son style est mi-onirique, mi-réaliste, imprégné de mélancolie, utilisant le burin pour créer des jeux subtils de lumière et d’ombre.

Où peut-on voir ou acheter ses œuvres aujourd’hui ?

Musées et institutions :

  • Bibliothèque Nationale de France (Paris)

  • Musée du Louvre – Chalcographie (Paris)

  • Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ, Paris)

  • Musée de l’Hospice Saint-Roch (Issoudun, Indre)

  • Musée Jenisch (Vevey, Suisse)

Achat d’estampes :

  • Boutique du Louvre : Commercialise des estampes tirées de ses plaques originales à la Chalcographie, à des prix abordables (entre 60 et 250 euros généralement)

  • Galerie Alain Margaron (Paris) : Expose régulièrement son travail et en propose des tirages

  • Marché de l’art secondaire : Salles de ventes, galeries d’estampes spécialisées

A-t-elle écrit des livres ?

Oui, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages majeurs :

  • L’Épure (1963, réédition André Dimanche, 2000) — Autobiographie fragmentaire sur l’enfance en Lituanie et la découverte de l’art

  • Bagages Perdus (2018, édition Le Temps qu’il Fait) — Méditation sur l’exil et les pertes

  • Peut-être (2010) — Réflexion sur la vieillesse

  • L’Embouchure du temps (2017, 176 pages, édition Le Temps qu’il Fait) — Testament littéraire final, mélange de réflexion philosophique et de souvenirs intimes

Existe-t-il des films sur elle ?

Oui, le documentaire « Voir ce que devient l’ombre » (2010) réalisé par Matthieu Chatellier filme Fred Deux et Cécile Reims dans l’intimité de leur travail de peintre et de graveuse durant plusieurs mois. Le film a été sélectionné au Festival de Montréal et offre un portrait intime du couple d’artistes dans la maturité créative.

Comment Cécile Reims lisait-elle le cuivre gravé ?

Cécile Reims ne possédait pas de presse dans son atelier. Elle lisait le cuivre « plus au doigt qu’à l’œil », guidée par le toucher tactile. Elle parcourait la surface de ses gravures, sentant les incisions, mesurant les profondeurs, évaluant le potentiel de chaque ligne. Cette approche tactile, quasi charnelle, était une sorte de méditation corporelle, de conversation silencieuse entre la main et le métal.

Quels ateliers utilisait-elle pour les tirages ?

Elle faisait réaliser tous les tirages aux Ateliers Moret (8, rue Saint Victor, Paris), célèbre atelier d’impression en taille-douce actif depuis 1947. Elle privilégiait l’utilisation du brunissoir (outil de polissage) pour obtenir une incision nette, sans barbe (aspérités indésirables).

Quelle était l’étendue de son catalogue raisonné ?

Son catalogue raisonné, publié en 2011-2012, enregistre plus de 500 estampes créées entre 1945 et 2012, réparties entre :

  • Œuvres personnelles (1950-1972) : environ 162 entre 1945-1959

  • Gravures d’interprétation de Hans Bellmer (1967-1975) : environ 250

  • Gravures d’interprétation de Fred Deux (1972-2012) : plusieurs centaines

  • Gravures d’interprétation de Léonor Fini et autres artistes

Comment était structurée sa collaboration avec Hans Bellmer ?

Hans Bellmer « cherchait une main » pour interpréter ses dessins en gravure. Cécile se décrivait comme un « passeur » s’effaçant derrière l’œuvre pour en restituer l’intensité. Elle gravait les dessins de Bellmer non pas en simple copiste, mais en traductrice poétique, recréant la voix et l’émotion de l’artiste dans le langage du cuivre et de l’acide. Cette collaboration dura 8 ans (1967-1975) et produit 250+ gravures d’une rare intensité.

Quel était le don de Cécile Reims à la Chalcographie du Louvre ?

En décembre 2003, Cécile Reims fit donation de 108 à 118 cuivres gravés à la Chalcographie du Louvre. Cette donation historique garantit que ses œuvres resteraient accessibles à tous les générations futures, tirées régulièrement et vendues à prix abordable, plutôt que d’être enfermées dans des collections privées élitistes.

Quand a-t-elle reçu la Légion d’honneur ?

En 2013, Cécile Reims a été décorée de la Légion d’honneur au grade de Chevalier, pour ses 63 années de services dans les domaines de l’art et de la culture. Cette distinction tardive mais bien méritée a reconnu l’ampleur d’une vie entièrement consacrée à la création et à la transmission artistique.

Comment s’appelait la ferme où elle s’installait en 1956 ?

Fred Deux et Cécile Reims s’installent d’abord à Corcelles, puis à Lacoux (Ain), dans une ancienne ferme isolée dans la montagne, à proximité du plateau sanatorial d’Hauteville. Ce refuge montagnard devient le berceau de leur création commune pendant les 30 premières années.

En quelle année se sont-ils installés définitivement à La Châtre ?

Ils se sont installés définitivement à La Châtre, en Indre, en 1985. C’est dans cette petite ville, célèbre pour son association à George Sand, que le couple restera pour les 35 dernières années de leur vie créative.

Quelle était la date exacte de sa mort ?

Cécile Reims est décédée le 18 juillet 2020 à La Châtre (Indre), à l’âge de 92 ans, 9 mois et 1 jour. Elle laisse derrière elle un héritage incomparable dans l’histoire de la gravure française et internationale.

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